Affichage des articles dont le libellé est consommation de l'espace. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est consommation de l'espace. Afficher tous les articles

mercredi 16 mars 2016

Après les faucons de Turlande, voici les vrais d'Urlande ...

Le site du rocher d'Urlande (commune de Saint-Etienne-de-Chomeil dans le Cantal) suivi depuis les années 80' en tant que site de nidifcation du Faucon pélerin est menacé.

 

Cette année encore, un couple s’est installé et a débuté sa reproduction sur le site. De plus, chaque année, la falaise abrite la nidification de l’Hirondelle de rochers. Le Grand Corbeau y a également niché. Dans la forêt environnante, un couple de Buse variable est identifié et ce secteur est également favorable au Milan royal dont la reproduction est probable dans les environs.

Toutes ces espèces sont protégées par la loi, c'est-à-dire que sont interdites sur tout le territoire métropolitain et en tout temps : la destruction intentionnelle, la perturbation intentionnelle des oiseaux, notamment pendant la période de reproduction et de dépendance, la destruction, l'altération ou la dégradation des sites de reproduction de ces espèces (cf. Arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire et les modalités de leur protection). Certaines sont également menacées et méritent toute notre attention comme le Faucon pèlerin et le Milan royal (directive européenne oiseaux, listes rouges nationale et régionale).

Un projet de via ferrata est en cours d'étude. Alors que les travaux d'équipement sont programmés pour l'automne, les décideurs (la commune de Saint-Etienne-de-Chomeil et la Comcom Sumène-Artense) n'ont semble-t-il pas voulu intégrer la présence de ces espèces.


L'espèce protégée la plus patrimoniale est bien entendu le Faucon pèlerin. L'Auvergne héberge très peu d'individus de cette espèce emblématique des falaises, avec seulement 70 couples dans notre région et environ 35 dans le Cantal. De plus, dans les années 70-80, le Faucon pèlerin fut le symbole de la lutte naturaliste contre le DDT et le marché noir des fauconniers. Après avoir frôlé la disparition de notre territoire national et malgré des améliorations notables (sa protection nationale en 1976, l'interdiction du DDT), cette espèce emblématique de nos falaises est encore classée de nos jours dans les "Espèces menacées au niveau régional en tant qu'espèces vulnérables".

Faucon pèlerin (photo libre de droit)

Malgré cela, sous l'impulsion d'associations de sports dits de pleine nature, des projets de via ferrata fleurissent aux quatre coins de notre département, plus destructeurs les uns que les autres.
  • Le rocher de Turlande (commune de Paulhenc dans le Cantal) sur la Truyère est aujourd'hui défiguré par des câbles et des cordes à demeure (voir notre article) au mépris de la nidification des Hirondelles de rochers et Faucons crécerelles (elles aussi protégées, et autres Faucon pèlerin et Aigles bottés présents dans le secteur),
  • La via ferrata de Sainte-Genevieve-sur-Argence (Aveyron) toujours sur la Truyère a éliminé un site de nidification du Grand duc d'Europe. Elle n'est qu'à quelques kilomètres en aval de Turlande. Belle logique de développement messieurs les aménageurs ! d'autant plus que de nouveaux projets d'extension de via ferrata voient le jour entre Rueyres et le barrage de Labarthe en Aveyron,
  • La falaise de Vergne Nègre au lac des Graves (commune de Lascelle - Cantal) est elle aussi souillée par une via ferrata. Le Grand duc d'Europe connu depuis de nombreuses années a abandonné le site,
  • La falaise de Bort-les-Orgues est équipée de voies d'escalade et est praticable sans aucune restriction alors qu'un couple de Faucon pélerin, bon an mal an, tente de s'y reproduire depuis des années,
  • Le site des Grivaldes (commune de Lapeyrugue dans le Cantal) où un couple de Faucons pèlerins niche depuis de nombreuses années est aussi équipé de voies d'escalade. Heureusement ce site a été retiré du topo d'escalade du Cantal,
  • Aujourd'hui c'est le rocher d'Urlande qui est menacé.
Ce mardi, alors que des naturalistes observent le couple en pleine parade et accouplement, des grimpeurs sont venus sur les voies fraichement équipées sur le rocher d'Urlande. Les cris d'alarme des  faucons s'entendaient à des centaines de mètres et ne pouvaient pas être ignorés. Malgré cela, les grimpeurs ont quand même escaladé le rocher directement sous la zone potentielle de nidification. Les gendarmes ont été prévenu et se sont rendus sur site mais trop tard, la cordée était déjà repartie.

L’aménagement d’une via ferrata sur cette falaise peut mettre en péril le maintien de ces espèces sur le site (destruction de site de nidifications, dérangement pendant les études, les travaux, puis pendant l’utilisation). C'est une illusion bien encrée dans la tête des aménageurs que de croire que ces espèces de falaise iront nicher ailleurs. Il n'y pas d'ailleurs pour elles. Tous les biotopes favorables sont déjà occupés. Et oui, ces espèces sont rares parce qu'elles sont exigeantes sur la qualité du rocher, la hauteur de falaise, la protection contre les prédateurs etc.. Supprimer un site, n'est pas un report sur un autre site vierge. C'est en général une perte sèche de biodiversité.

Le service juridique de la FRANE est mobilisé et est prêt à déposer plainte si nécessaire. Tout sera mis en œuvre pour que la présence des espèces protégées soient prises en compte même si cela doit remettre en cause tout ou partie du projet.

jeudi 18 décembre 2014

Parc éolien de Salvaque.

Dans le cadre de l’arrête préfectoral n°2014-1299 du 9 octobre 2014, l’enquête publique concernant la demande d’autorisation d’exploiter un parc éolien au lieu dit « Salvaque » entre Polminhac et Velzic dans le Cantal était ouverte entre le 12 novembre le 13 décembre 2014.

Soucieux de donner un avis technique sur l’étude d’impact sur l’environnement de ce projet, nous vous proposons en lecture notre rapport transmis au commissaire enquêteur qui reprend point par point les éléments critiquables de cette étude.

Nous avons pointé des défauts méthodologiques, notamment sur l’analyse de l’état initial du milieu naturel, qui pourraient conduire à négliger des enjeux environnementaux.

Nous espérons que notre démonstration et nos questionnements sauront peser dans les conclusions que le commissaire rendra au préfet du Cantal.

https://docs.google.com/file/d/0B-hyKL8UFuAteFB2ZG15RnY4eEE/edit

mardi 18 février 2014

La RD 617 véloroute ou autoroute ?

Dans le thème de la consommation irraisonnée de l'espace voici un bien bel exemple de rendez-vous manqué.

Il se passe des choses inquiétantes sur le tracé de ce qui devrait être la véloroute n°74  "vallée du Lot-Puy Mary", dans le secteur entre Aurillac et la vallée du Lot.

Un cahier des charges des Véloroutes et Voies Vertes a été rédigé et définit les normes de réalisation des véloroutes et des voies vertes.

On pourrait donc penser que cet itinéraire classé dans le Schéma National des Véloroutes est solidement encadré et respecte le cahier des charges officiel. Ce qui suit va montrer qu’il n’en est rien en ce qui concerne laroute départementale 617.


LE TRACÉ

Sur les 47 km qui séparent le centre d'Aurillac de l'entrée de Saint-Étienne-de-Maurs, les 26 km entre Lenseigne et St-Étienne, qui suivent la vallée de la Rance, sont réellement un enchantement : route très étroite, faible circulation et à vitesse réduite du fait du tracé, donc sécurité presque totale, paysage magnifique. Le revêtement a été refait en enrobé. C'est une route idéale pour la pratique du vélo.Cet itinéraire constitue la meilleure solution pour aller d'Aurillac à Maurs, en ce qu'il évite d'emprunter la RN 122 dangereuse pour les cyclistes, et en ce que son tracé est plus facile et le cadre bien plus intéressant.
Signe qui ne trompe pas, les cyclistes étaient nombreux sur cette route, bien avant que le Conseil Général ne décide de l'inclure dans la véloroute "vallée du Lot-Puy Mary.


Il y a quinze ans, l'INTÉGRALITÉ de la route avait cet aspect.

Les aménagements qui se sont faits ensuite, au coup par coup, en ont sérieusement dégradé l'aspect visuel. Ils ont surtout permis une accélération des voitures



Dans le cahier des charges des véloroutes, il est bien précisé qu’on doit privilégier les itinéraires à faible pente, que les bandes cyclables doivent être l’exception et ne sont acceptables que sur des routes à fort trafic sans solution d’évitement, et que si possible, elles doivent être provisoires. Il est dit aussi que toutes les possibilités d’évitement doivent être recherchées.
Ici, on fait tout le contraire :
On augmente les pentes, alors que la route avait le bon profil
On généralise les bandes cyclables. On les crée alors qu’avant les travaux, il n’y en avait nul besoin.



La tranchée du délire, à l'est du hameau de Moinac. 20 mètres de profondeur,
  200 mètres de long !
 

Piste d'accélération avant la plongée dans la tranchée.
Photo prise au niveau du hameau de Moinac.
La route actuelle, qui aurait pu être véloroute, vit ses derniers mois. Déjà, les arbres et les haies ont été abattus.

Les cyclistes qui se laisseront berner par les indications « véloroute » devront rouler sur un désert rectiligne bitumé.

L’aménagement de cette prétendue véloroute est un véritable scandale
La FNAUT, la FDANE Cantal et Vélocité 15 vont s'unir pour demander que l’ancien tracé soit conservé et raccordé, pour servir de passage aux vélos

Merci à la FNAUT pour son enquête. Nous vous renvoyons vers leur dossier complet pour plus de détails.




lundi 3 février 2014

L’écotaxe en sursis, un écolo doit-il s’en réjouir ?

En fin d’année dernière le mouvement dit des bonnets rouges aura eu raison de l’écotaxe. Mobilisés essentiellement en Bretagne, des activistes de tous poils (chefs d’entreprises parmi les plus polluantes notamment dans l’agroalimentaire, élus à double discours, population manipulée…) ont eu raison d’une des mesures phares issues du Grenelle de l’environnement où elle n’avait pourtant pas suscité d’autant d’émoi.

Les environnementalistes qui espèrent depuis des décennies un report de la route vers des modes de déplacement moins impactant  doivent-ils s’inquiéter de ce reniement ou faire contre mauvaise fortune bon cœur ?

L’écotaxe est une redevance payée au kilomètre parcouru par tous les véhicules de plus de 3,5t (quelques exceptions) circulant hors autoroutes payantes. C’est un dispositif fiscal à visée incitative dans le sens quil obligerait les entreprises à privilégier les modes de déplacement les moins polluant (les camions les plus vieux seraient plus taxés, le fait d’être chargé ou non impacte l’écotaxe…) en tablant sur un report modal (vers le rail, le fluvial) ainsi que vers les circuits courts (relocalisation de l’économie).

Il existe un certain nombre de présupposés en faveur d’une écotaxe poids lourds mais aussi beaucoup de craintes quand à son efficacité et à ses finalités.


Hors des autoroutes payantes, aucune redevance, aucun péage ne gêne la cohorte de camions qui circule dans notre pays extrêmement bien situé sur les routes commerciales de l’Europe (façade maritime ; flux sud-nord pour les fruits et légumes par ex…). Les conditions d’accès à ce réseau très étendu paraissent illimitées et ne font que renforcer toujours plus l’emprise du tout routier : augmentation du tonnage des véhicules (44 t) réduction de la taxe à l’essieu ont été parmi les derniers cadeaux accordés à la profession (800 M d’euros de cadeaux fiscaux).
Dans le même temps certain des pays qui nous entourent (Allemagne et Suisse par ex.) ont instauré des taxes poids lourds dans l’espoir de faire baisser la pression de ce mode de transport sur leur économie et leur environnement.
Sur les transports transnationaux, déjà marqués par le dumping social, une nouvelle distorsion apparaissait qui voyait les camions (200 000 immatriculés à l’étranger) profiter des routes nationales en France (au détriment de la sécurité des autres usagers) pour engranger des gains en vue de dépenses dans la traversée des pays à écotaxe.

Le transport routier sous tarifé est le bras armé d’une économie mondialisée et on sait pour avoir suivi les débats à ce sujet lors du congrès de France Nature Environnement en mars dernier à Clermont-Ferrand, que sa part n’est pas prêt de diminuer.
En taxant les poids lourds à la distance parcourue et à la tonne, on augmente le prix du transport longue distance, mais est-ce qu’on tend pour autant à rapprocher la production de la consommation ? C’est incertain. En effet le transport reste particulièrement bas dans le coût d’un produit, même augmenté d’écotaxe, de mesures d’atténuation du dumping social (rapprochement fiscal et social des économies européennes…). L’impact de l’écotaxe sur un bien de consommation serait de l’ordre de 0,1 à 0,4% (FNE lettre du hérisson n° 252). On peut douter que cette « augmentation » soit de nature à modifier le comportement des chargeurs et des routiers !
L’objectif à atteindre via la taxe poids lourds pourrait être d’ambition plus mesurée, celle d’un renouvellement du parc  de véhicules au profit d’engins plus économes en carburant et moins polluants, et celle d’une meilleure logistique (optimisation des chargements). Ca ne serait déjà pas si mal étant donnée la gabegie actuelle.
On peut sans doute espérer qu’elle opère, sur une fraction mesurée, une réelle réduction plus qu’un déplacement des flux, mais cela restera probablement marginal, tant que les montants resteront faibles (8,8 à 15,4 centimes le kilomètre) et que de nombreuses exceptions demeureront validées (réduction du taux de 30% en Midi-Pyrénées et Aquitaine, de 50% en Bretagne –avant les manifestations !).
 
Le principe d’une taxe « à l’aveugle » est aussi de nature à inquiéter l’environnementaliste. Le débat sur le principe du pollueur payeur qui semble avoir les faveurs de la mouvance écolo est-il suffisamment débattu ? Sait-on qu’il entraine les concepts de « droits ou permis de polluer » ? qu’il porte peut être en germe l’idée d’une individualisation des problèmes et des solutions, qui verrait des clients ne payer que ce qu’ils consomment ou utilisent plutôt que des usagers qui financent un service mutualisé ? Cette question préoccupe déjà les acteurs du déchet,un domaine où il serait tentant d’instaurer un système où on ne paierait qu’au poids de ses ordures et non à leur qualité ou au niveau de tri effectué (ce qui n’est pas toujours corrélé) avec toutes les dérives qu’on imagine pour se soustraire au paiement (décharges sauvages…).
Le parallèle est tentant entre ces deux cas de taxe et de nécessité de changer les comportements sinon les mentalités.
Sur ces différentes approches, il faut avoir peu d’esprit critique pour ne pas constater que notre fédération nationale  verse un peu trop schématiquement (voir dogmatiquement) vers des approches économiques et surtout fiscales dans la résolution des questions environnementales. Il appartient aux militants de faire savoir que ces orientations les interrogent.

Au-delà des grandes intentions, une taxe est avant tout une recette qu’il convient d’utiliser. L’écotaxe est fléchée (on a beaucoup parlé du contrat de redevance mais c’est l’arbre qui cache la forêt) vers la modernisation des infrastructures de transports, dont les routes qui malheureusement n’en ont pas été exclues. L’addiction à la bagnole, les discours sur l’enclavement, l’énorme besoin d’entretien d’un réseau pléthorique ne font douter personne que l’essentiel des fonds récoltés via l’écotaxe auraient servis à la route (et non au fleuve ou au rail).

 Sur les 1,5 milliard d’€uros qui devaient être perçus (ce qui donne une idée de la circulation routière) 750 M devaient aller à l’Agence de Financement des Infrastructures de Transport et 150 M d’€uros aux collectivités locales.
On comprend mieux le bel unanimisme politique qui avait prévalu à l’adoption de l’écotaxe suite au Grenelle. Moins pourquoi il a volé en éclat à l’apparition de quelques bonnets rouges !
Comment ne pas être confondu lorsque quelques caciques départementaux dont les groupes politiques ont pourtant voté sa mise en œuvre, ont crié avec les loups en appelant à exonérer l’économie cantalienne de cette « taxe écolo » au prétexte sans cesse répété que « nous subissons des handicaps », que « notre enclavement nous dessert suffisamment »…
Ainsi, le sénateur de l’ouest cantalien qui fait depuis 40 ans son antienne du « désenclavement » routier, aérien, n’a-t-il point lu un récent rapport sénatorial qui concluait qu’il manque 50% du budget prévu à l’Agence de Financement des Infrastructures de Transport, au vu des (trop) nombreux projets de routes, ronds-points, rocades demandées par tous les élus locaux ?
Il aurait sans doute du pour éviter de découvrir bien tardivement que l’Etat n’a pu boucler le financement de la déviation de la RN 122 au sud d’Aurillac (dont les travaux avaient été sous-estimés de 18M € pour en masquer l’inanité sans doute ?!) et que cette opération tant attendue des soit disant « forces vives » était suspendue à la mise en place de l’écotaxe honnie !

Alors oui sans doute peut-on trouver motif à se féliciter de la probable disparition de l’écotaxe si elle entraine avec elle les travaux si destructeurs de nos écosystèmes parmi lesquels la rocade de Saint-Flour, la déviation sud-ouest de Vichy, le contournement de Cournon…des projets qui vont tous à l’encontre d’un report du tout routier vers des modes de déplacement plus vertueux.

J.Bec
FDANE Cantal

mardi 10 décembre 2013

Et si on parlait de la déforestation profonde et d'Intermaché, pour une fois ?

http://www.penelope-jolicoeur.com/2013/11/prends-cinq-minutes-et-signe-copain-.html
Allez voir ce site de l'association Bloom et leurs explications très bien illustrées avant de signer la pétition. Au compteur, il ne manque plus que 50 000 signatures pour arriver au 800 000 requises et engager un recours auprès du parlement européen.


lundi 25 novembre 2013

Rivière et barrage

En  Une très bonne nouvelle, et elles ne sont pas si nombreuses par les temps qui courent. 


Grâce à l'excellent travail des juristes de la Frapna Loire, des Fédérations de Pêche de la Loire et de la Haute-Loire, le Tribunal Administratif de Lyon a annulé l'arrêté préfectoral pour la reconstruction du barrage des Plats sur la Semène. L'ouvrage, en chantier depuis le printemps, est pour partie reconstruit. 


Comme quoi, dans notre cas cantalou ( Santoire et Cére), tout n'est pas irréversible. Faut juste être patient. La nature reprendra ses droits.

  

Plus d'infos sur : 

 

Nous donnons par ailleurs le lien du film d'animation  "Libérons les fleuves" qu'a réalisé Natacha Bigan, avec le soutien du WWF-France. 

 

mardi 19 novembre 2013

Ci-gît la Santoire ! le massacre en direct

On nous avait parlé de petits seuils inoffensifs posés tels de vulgaires cailloux sur le cours de la Santoire, des aménagements ridiculement insignifiants et sans impact sur le lit mineur de cette rivière. 

Au vu de ce qu'il se passe en ce moment sur le site, on peut légitimement en douter.

En effet, les travaux de la construction de la micro-centrale du Pont des moines (entre Condat et Saint-Bonnet-de-Condat dans le Cantal) sont en cours et massacrent la vallée sur plusieurs kilomètres. Les aménagements connexes (pistes, accès, talus, ...) sont tout bonnement pharaoniques, le tout en pleine période de fraie des poissons et sous la pluie et la neige. On ne vous parlera pas de la couleur de l'eau qui en dit long...

Allez vous rendre compte par vous même du gigantisme des travaux sur photo aérienne.

Voir dans GoogleMap


Même de là le chantier est impressionnant !

Les travaux apparaissent en gris blanc le long de la Santoire et se concrétisent sur le terrain par le creusement d'une tranchée de plus de 2 km de long en rive gauche de la Santoire qui servira de piste sous laquelle on croit deviner l'enterrement de tubes métalliques de gros diamètre.

A l'aval du chantier, l'emplacement du bâtiment de la micro-central à proprement parler. On voit également des parcelles forestières coupées à blanc. Probablement un propriétaire qui a profité de cet accès nouvellement créé.

Ci-dessous quelques photos prises la semaine dernière.


La piste créée en lieu et place d'une belle forêt.

Le bâtiment de la micro-centrale en aval du chantier.



Une vue générale du chantier aval.

Et dire qu'ils font pareil sur la Cère au pont du Laurent !

Comment avons nous pu laisser passer ça ?

Comment les pouvoirs publics, les collectivités ont ils pu laisser faire ça ? pour quoi ? pour qui ?

Pour faire de l'argent sur l'autel du développement durable et des énergies vertes.

On dit toujours qu'on ne peut pas être contre ce genre de projet et antinucléaire mais là, c'est à se poser la question....


C'est à pleurer et rageant en même temps.

Nous payons ici notre insignifiance. Il serait temps de se réveiller.

Aux arbres citoyens !!

A voir également le premier article sur ce dossier ici.

lundi 11 février 2013

Une pluie de larmes pour l'Amazonie

On laisse de coté quelques instants nos luttes cantalolocales pour nous consacrer à l'actualité récente.

La présidente du Brésil vient de donner son accord pour la construction du barrage de Belo Monte. 40 000 indiens vivent à proximité du fleuve et 400 000 hectares de forêt seront submergés.

On ne peut que se sentir affligé par cette nouvelle ahurissante. Comment ne pas être pessimiste après cela ; on a même envie de rejoindre les idées du pamphlet d'Yves Paccalet "L'Humanité disparaitra, bon débarras !".

Sur cette image, Kayapo Raoni, le Chef de la Tribu des Kayapo vient d'apprendre la nouvelle. On ne peut qu'éprouver un sentiment de solidarité envers ces peuples qui se battent pour vivre simplement et simplement vivre.

Notre niveau de vie actuel (à nous, pays dits "développés") a un prix. C'est bien d'en prendre conscience et qui sait peut-être trouverons nous la force de les aider (ça peut commencer par la signature de leur pétition)  et de lutter localement plus efficacement pour préserver ce qui reste chez nous.




mercredi 19 décembre 2012

Les chiffres de la consommation de l'espace

Voici un lien pour visualiser les chiffres clés et les tendances de l'évolution de la biodiversité. 

On y trouve notamment la proportion du territoire métropolitain artificialisé. Malgré le réveil des consciences depuis plusieurs années, la courbe ne s'infléchit pas de façon significative.

Ce n'est pas tant le fait qu'il y ait des zones artificialisées qui pose problème mais bien le fait que cette consommation de l'espace augmente sans relation évidente avec l'accroissement de la population française.


Avec près de 10% du territoire perdu pour l'instant, jusqu'à quel point cela peut-il durer ?

 Y a t il un homme politique capable de répondre à cette question ?

vendredi 14 décembre 2012

Turlande mon amour ...

Ou comment un financement à base d'argent public va servir des intérêts privés, en l'occurrence ceux d'un accompagnateur en moyenne montagne.

Aujourd'hui s'est tenue une réunion sur un projet de via ferrata à Turlande où devait être présentée une étude d'incidences environnementale. Cette étude n'a visiblement jamais été présentée et pour cause ...

Le projet à Turlande n'est pas neutre sur le plan environnemental : ce site est un haut-lieu cantalien de l'ornithologie, en pleine Zone de Protection Spéciale pour les Oiseaux du réseau européen Natura 2000, il abrite entre autres un couple de Faucons pèlerins, plusieurs d'Hirondelles de rochers, un couple de Grands ducs et d'Aigles bottés à proximité. Les aménagements prévus en accès libre provoqueront immanquablement l'abandon du site par ces oiseaux protégés. Ça ne s'appellerait pas un truc du genre "perturbation intentionnelle d'espèces protégées" ?

Bientôt à Turlande ! Good bye Turlande.


Le projet de Turlande est inutile et redondant avec un site déjà sacrifié à proximité. En effet, le site de Turlande (commune de Pierrefort) se situe à seulement quelques encablures d'une via ferrata déjà en place sur la commune de Sainte-Genevieve-sur-Argence (Aveyron). Cette via ferreata existe depuis plus de 10 ans et a déjà impacté l'avifaune d'une des parties les plus sauvages du cours de la Truyère que les aménagements hydroélectriques ont miraculeusement épargnées.


Enfin, Turlande est un site historique et culturel, lieu d'un très ancien pèlerinage en la chapelle de Saint Robert de Turlande. La via ferrata et ce site pittoresque : mélange des genre un peu douteux quand même ...


Pour conclure, c'est encore un bien beau projet qu'on nous concocte. Ce projet ne semble en tout état de cause pas au bon endroit. Sans être contre des aménagements bien réfléchis, aux "bons" endroits et acceptables écologiquement, on peut logiquement s'inquiéter si chaque commune aménage son grand site touristique les dégâts aux écosystèmes seront incompatibles avec la préservation de l’environnement.  La valorisation touristique d'un site ne s'accompagne pas forcement d'aménagements. Il serait important de réussir à faire apprécier un simple sentier parmi les paysages somptueux des gorges de la Truyère.

lundi 19 novembre 2012

La Santoire bientôt en tuyaux ?

Après les grandes rivières du Cantal (Truyère, Dordogne, Rhue, Cère, Maronne) c'est au tour du réseau secondaire de payer l'addition. La Santoire, cette magnifique rivière sauvage du Cantal vient d’être livrée aux pelleteuses.

Affluent de la Rhue, sur le bassin versant de la Dordogne, la rivière est classée en « bon état » écologique et en « réservoir biologique » par le SDAGE (Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux) du bassin Adour Garonne.

La Santoire en aval de  Saint-Bonnet de Condat, là où les travaux sévissent. Bientôt un vieux souvenir...
 Contre l’avis de tous ses services, le préfet du Cantal a décidé le 30 octobre 2007 d’autoriser la construction d’une microcentrale.

L’Etat n'a pas été capable de préserver notre capital écologique remarquable, et a préféré la production de quelques kilowattheures. Après des décennies du tout électrique, on n'est pas prêt à réduire notre consommation d’électricité.

La préservation de ce joyau auvergnat n’intéresse a priori pas notre administration.

Le barrage devrait produire annuellement au mieux 0,5 % de la production hydroélectrique totale de la Dordogne, une rivière qui a déjà payé un lourd tribut ....

Les environnementalistes s’étaient mobilisés depuis 2004 pour sauver la Santoire avec Epidor, le Comité de rivière Dordogne, la Fédération de Pêche du Cantal, Dordogne Vivante et bien sûr la FRANE. Un recours avait été déposé sans succès. Le respect du Droit de l’Environnement n'est pas encore à la hauteur des défis que nous devrons relever.


En prenant exemple sur ce qui a été possible pour la « Loire vivante », il est plus qu''urgent que chacun s'interroge pour se (re)mobiliser pour que notre message se face entendre avec force afin de plus perdre dans ce genre de combat.


Barrage percé de la Bromme (12). Une rivière qui a retrouvé son cours naturel...



vendredi 15 juin 2012

Victoire !! Le plus grand rassemblement de quads de l'été interdit par la Préfecture du Cantal


Il faut dire que cette affaire du « Quad Festival : l’événement Quad de l'année » était mal engagée. Préparée en catimini de longue date, elle n’était révélée à la mi-avril que grâce à la vigilance de quelques adhérents de la FDANE Cantal, relayés en mai au niveau national grâce à l'un des observateurs du réseau "Silence". Dans un premier temps, les organisateurs s’étaient vus refuser le soutien des villes et sites qu’ils pensaient séduire. Ce n’est que lorsque  la petite commune de Coltines dans le Cantal consentit à mettre à leur disposition son aérodrome que le projet prit forme.
Renseignements pris, il s'agissait d'une énorme manifestation motorisée dans la région de Saint-Flour, regroupant plus de 600 quads auxquels on ouvrait 800 km de randonnées à travers les montagnes du Cantal et de la Haute-Loire. Les monts du Cantal, du Cézallier, la Margeride, la Truyère, tous ces secteurs étaient concernés... Un salon des constructeurs et accessoiristes était évidemment prévu en parallèle.
Les dates de l’événement : du 22 au 25 juin 2012 ;les organisateurs : « Quad Baroud raids et randonnées » et « Globe Trotter Organisation », avec le soutien du Codever et d'une pléiade de fabricants d’engins motorisés.

Avec moins d'un mois pour agir, notre réseau s'est alors mobilisé : adhérents locaux bien sûr, mais aussi associations partenaires. C'est ainsi que la Fédération de la Région Auvergne pour la Nature et l’Environnement, la Fédération départementale pour la Nature et l’Environnement du Cantal (FDANE), la Commission nationale pour la protection de la Montagne de la FFCAM et Mountain Wilderness France saisissaient la Sous-préfecture de Saint-Flour. En parallèle, la FDANE écrivait aux principaux maires concernés pour qu'ils refusent la traversée de leurs chemins communaux par la manifestation au regard des impacts sur l'environnement de ce type de manifestation. Les itinéraires proposés par les organisateurs sillonnent en effet nombre de zones d’intérêt pour la faune et la flore. Rien qu'en ce qui concerne le réseau Natura 2000, ce sont trois zones de protection spéciales (ZPS) et six zones spéciales de conservation (ZSC) qui sont concernées par les itinéraires du ‘Quad Festival’.

L'organisation d'une telle manifestation nécessite des démarches administratives répondant aux dispositions du Code du sport. Dans le cas d’espèce, au vu du nombre de participants et de la nature des parcours, c'est bien une autorisation en bonne et dûe forme que les organisateurs auraient dû solliciter du Préfet.
Les organisateurs auraient également dû fournir une étude des incidences sur l'environnement des sites Natura 2000 concernés.[1]
Toutes ces démarches doivent être faites dans un délai de deux mois avant la date prévue pour la manifestation.

Lorsque nous avons interpellé les services de l’État, les organisateurs n'avaient encore engagé aucune démarche. Ce n'est que plus tard qu'ils ont fait parvenir à la Sous-préfecture de Saint-Flour un dossier très incomplet, trop tardif, minimisant de manière spectaculaire l’événement par rapport à la publicité qui en était faite sur leur site Internet, et surtout, ne répondant pas aux exigences de prises en compte de l'environnement imposées par la réglementation.

La Préfecture du Cantal a donc rejeté la demande de l'organisateur, pour ce double motif du non-respect du Code du sport et de non-respect du Code de l'environnement. Des dispositions seront prises sur le terrain pour faire respecter cette décision.

Nos associations se réjouissent de cette issue et rappellent que la preuve est faite que ces manifestations dites « encadrées » sont un tremplin pour des pratiques individuelles toute l'année, sur tout le territoire.
Comme le disait le Directeur de la nature et des paysages au ministère de l’Environnement au moment  de l'adoption de la loi régissant les loisirs motorisés :  « L’élaboration d’une loi correspond à un besoin social et aux nécessités de l’intérêt général. La loi sur la circulation des véhicules terrestres dans les espaces naturels a voulu répondre à une forte attente : compléter les dispositions de la loi de protection de la nature en évitant aux espaces naturels les dommages supplémentaires liés à la circulation non maîtrisée des véhicules à moteur. »
Nous sommes reconnaissants aux représentants de l’État dans le Cantal de s'en être souvenus.

Avec le soutien de nos partenaires : 


[1]          En vue de préserver l’intégrité des sites Natura 2000, le droit communautaire (article 6 de la Directive « Habitats, faune, flore ») prévoit en effet que les projets susceptibles d’affecter un site Natura 2000 doivent faire l’objet d’une évaluation appropriée de leurs incidences, au regard des objectifs de conservation du site. Le principe de l’évaluation des incidences est d’anticiper pour mieux préserver : prévenir d’éventuels dommages, vérifier en amont que les projets ne portent pas atteinte aux habitats et espèces d’intérêt communautaire présents, redéfinir le cas échéant les projets afin d’éviter de telles atteintes. Ce dispositif communautaire a été transposé dans le droit français, aux articles L 414-4 à L414-7, et R414-19 à R414-26 du code de l’environnement.

jeudi 7 juin 2012

Chanzac, le carrier ne pourra pas exploiter la carrière de basalte


Phase 1 : la face cachée : lancement du projet.
Afin d’assurer son développement, la société CARRIERE MONNERON envisage d’ouvrir une nouvelle carrière d’exploitation de basalte au début des années 2000. Elle met son dévolu sur le site de Chanzac, commune de Sainte Anastasie où se situe une ancienne carrière dont l’exploitation artisanale s’est arrêtée depuis plusieurs dizaines d’années. C’est à cause de ce choix que le bas blesse, d’autant que le carrier veut maintenir son activité de concassage sur le site actuel : Laval, sis sur la commune de Neussargues à 7 km de Chanzac.
Phase 2 : les concertations : une intransigeance certaine du pétitionnaire
Le projet est dévoilé tardivement au public à la fin de 2005 : un projet sur 14 hectares (situé à moins de 150 mètres des premières maisons de Chanzac !), portant sur une exploitation de 210 000 tonnes par an. Volume transporté, une première fois, sur les 7 km qui séparent Chanzac de Laval sur la route départementale 679 qui traverse le bourg de Sainte Anastasie multipliant au moins par 4 le nombre de véhicules lourds devant traverser le village. Ce projet porte à 3 le nombre de carrières d’extraction de basalte dans la vallée de l’Allanche qui est pourtant située dans le PNRVA et qui est classée en ZNIEFF de type 1 pour la richesse de sa biodiversité et la présence de plusieurs espèces protégées. Quatre mois après la présentation aux habitants, la société CARRIERE MONNERON dépose sa demande en préfecture. La population portée par une association(1) (BVSA) soutenue par la FRANE, réagit très fortement. Un épais dossier est fourni au Commissaire Enquêteur (CE) lors de l’enquête publique qui se déroule en mai-juin 2006, finalement le CE donne un avis favorable tout en reconnaissant que la traverse du bourg pose de nombreux problèmes de sécurité auxquels il faudra remédier. L’opposition au projet est très active, de nombreuses actions sont menées, les élus et les services de l’état sont rencontrés (DREAL, Préfet,…). Une période de concertation (2 années) s’engage afin de trouver des solutions (utilisation de la voie ferrée désaffectée, recherche d’un autre site, …), sans succès.
Malgré l’avis favorable de la commission carrière, le préfet du Cantal refuse le 4 septembre 2008 à la société CARRIERE MONNERON, l’autorisation d’exploiter une carrière sur le site de Chanzac.
Phases 3 : des décisions de justice à rebondissement
3-1 La société CARRIERE MOMMERON fait recours auprès du Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand de la décision du préfet. Le TA de Clermont-Ferrand lui donne raison le 5 mai 2009, estimant que le refus n’était pas assez argumenté et donne l’ordre au préfet de reprendre un arrêté mieux argumenté.
3-2 Le préfet prend un arrêté le 10 juillet 2009 autorisant la société CARRIERE MONNERON à exploiter une carrière de basalte sur le site de Chanzac. Cette décision est prise alors que le préfet a connaissance de la présence de deux espèces végétales protégées sur l’emprise de la carrière : l’Orchis punaise (protection nationale) et la Carline à feuilles d’acanthe (protection régionale). De façon surprenante, la DREAL présente à la commission carrière, donne un avis favorable au projet en l’état, alors qu’elle n’ignore pas la présence des stations d’espèces protégées qui disparaîtront lors de la première phase d’exploitation. Le carrier s’empresse à prendre possession des lieux, les premiers camions circulent en septembre.
3-3 L’association BVSA s’associe à la commune de Sainte Anastasie pour faire un recours de la décision du préfet, auprès du TA de Clermont-Ferrand. Parallèlement, des propriétaires voisins du site d’exploitation font la même démarche. Ce recours aboutit à l’annulation par le TA de Clermont-Ferrand, de l’arrêté d’autorisation le 16 juillet 2010. Trois moyens dont soulevés :
  • La faiblesse de l’étude d’impacte qui ignore l’activité de concassage sur le site de Laval,
  • La présence d’espèces protégées ignorées par le préfet,
  • Le projet est de nature à rompre l’unité de la ZNIEFF.
Le carrier arrête l’extraction mais maintient son activité durant plusieurs mois en transportant les quelques milliers de tonnes qu’il avait arrachées à la falaise à coup de dynamite alors qu’il connaissait la décision de justice, mais qu’il n’avait pas encore reçu l’assignation !
3-4 La société CARRIERE MONNERON fait appel de la décision du TA auprès de la Cour Administrative d’Appel de Lyon. Appel rejeté le 24 avril 2012. En effet, la CAA de Lyon a basé son rejet sur l’absence d’étude d’impact cumulée (Chanzac et Laval), qui était obligatoire du fait de leur proximité et connexité (article 3 du décret n°77-1133 du 21 septembre 1977).
La société CARRIERE MONNERON ne dispose pas d’autorisation d’exploiter le basalte de Chanzac.
Sur ces dix années, plus de cinq auraient du être consacrées à rechercher une solution plus respectueuse de l’environnement humain et du milieu naturel. Certains à la commission carrière avaient préféré baisser les bras, d’autres ont fait passer l’intérêt d’un industriel avant l’intérêt des habitants de toute la vallée de l’Allanche. La prise en compte des arguments des uns et des autres est longue mais aurait abouti à un consensus qui aurait pu éviter un tel gâchis !
(1) BVSA est membre de la FDANE


vendredi 20 avril 2012

Focus sur la consommation d'espace

« Celui qui croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste "? (Kenneth Boulding (1910-1993), président de l'American Economic Association.)

Une nouvelle page sur le blog vous propose de jeter un œil sur la destruction des milieux naturels sur l'autel du développement et de l'aménagement du territoire, sur l'artificialisation des sols du Cantal, la consommation de l'espace.

Rendez-vous donc sur cette page...

mardi 13 mars 2012

Dans les cartons de la CABA : des remontées mécaniques dans le cirque de Mandailles


Dans un article récent de La Montagne, nous avons appris que la CABA a décidé d'étudier la réalisation d'une zone d’accueil touristique sur la zone de Mandailles. 

Les cols de Cabre, de Rombières et le buron du même nom sont en effet des merveilles du volcan cantalien.

Sous couvert de tourisme de pleine nature, le cirque de Mandailles risque d'être complètement massacré par la présence de ces remontées mécaniques. La part des aménagements ayant pour but de canaliser les randonnées sur des itinéraires équestres nous semble raisonnable. En revanche les remontées mécaniques sont parfaitement inutiles et très impactantes pour l'environnement et le paysage.

Nous n'avons pas le droit de laisser défigurer irréversiblement ce site aujourd'hui grandiose par des aménagements mécaniques qui lui enlèveraient tout son attrait. Les Monts du Cantal ont déjà payé un lourd tribu aux erreurs d'un développement économique mal pensé : la station verrue du Lioran en est malheureusement le vivant exemple.

Par ailleurs, ne nous cachons pas de l'incapacité récurrente de faire fonctionner la zone nordique du grand tournant faute de neige. Miser sur l'or blanc dans notre département est un leurre climatique et dans ces conditions, la soi disant création d'emplois débouche tôt ou tard sur le chômage. Les touristes déçus ne reviennent plus.  Ces remontées se révèlent donc inadaptées à nos stations de moyenne montagne.

Il est urgent de dire non à ce projet qui sacrifie l'intérêt général et durable aux intérêts particuliers et momentanés de ceux qui ne se préoccupent que du court terme, leurs propres postes étant assujettis aux fonds Leaders. Les impacts négatifs seront sans commune mesure avec les bénéfices attendus.

Une lettre a été envoyée pour demander aux élus d'avoir le courage (en ces temps troublés d'élection) de s'opposer à ces projets à courte vue aussi inutiles que néfastes.

Il est en effet possible de repenser le développement économique de nos régions en tenant compte de ses particularités plutôt qu'en s'alignant sur ce qui se fait ailleurs.

La véritable ambition est celle de garder son authenticité au cirque, ce que rechercheront plus que jamais nos concitoyens des prochaines années dans un monde où tout devient mécanique et artificiel.

dimanche 19 février 2012

Un téléphérique Mandailles / Rombière ? Non merci !

Prochainement, nous vous présenterons le nouveau projet délirant de la CABA.

Lacharem pas !!
Et oui, c'est ici que se situe le drame ...